Vos personnages sont-ils des Mary Sue ?

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Je pense qu’on a tous, une fois au moins, vu un personnage qui était beau, sympathique, que tout le monde aime dans son entourage et qui en plus est extrêmement doué. Et ce personnage nous a énervé/es. Beaucoup. La plupart du temps, ce genre de personnage est plutôt présent dans les romans pour jeunes adultes/adolescents ou dans les fanfictions. Je m’adresse donc à vous, auteurs pleins de fougue voulant écrire sur votre série/film/livre/quoi que ça soit préféré. Parce que si vous voulez être lu et apprécié, le premier piège à éviter est la Mary Sue !

Pourquoi Mary Sue d’ailleurs ? A la base, il s’agissait d’un personnage créé dans le but de parodier les « vraies » Mary Sue présentes dans les fanfictions. Le nom a été gardé pour parler de ces personnages trop parfaits, et nous allons voir en quoi ils sont un problème, comment les reconnaître et que faire si votre personnage y correspond.

Il faut aussi savoir que Mary Sue désigne un personnage féminin, mais qu’il existe des variations de ce nom pour les personnages masculins. Gary Stu en est un bon exemple. Et ici je parlerai des personnages féminins car ce genre de défaut y est plus courant. N’y voyez aucune haine de ma part pour les bibliothécaires timides aux grosses lunettes, tant qu’elles ne deviennent pas instantanément jolies et sûres d’elles en retirant leurs verres je les aime bien.

Problème 1 : Ce sont des personnages jolis

Et par joli, je veux dire joli de manière impossible. On parle par exemple d’une jeune femme qui ne veut pas se maquiller parce qu’elle « n’est pas comme les autre filles », mais dont la peau ne comporte aucune imperfection et dont les cils sont longs et épais. Elle ne fait pas spécialement de sport, ce n’est pas son truc, d’ailleurs elle adore le nutella et les pizzas, mais elle est fine comme il faut, sans trop de muscles. Et puis elle est garçonne, prendre soin d’elle, hors de question, elle passerait pour quelqu’un de trop girly ! Sauf quand on parle de tel garçon qu’elle aime bien, là elle devient féminine.

En général, elle ne se trouve pas belle et se cache sous des vêtements épais. Tout son entourage lui dit qu’elle est belle mais elle n’y croit pas. Alors qu’en vrai, elle est toujours décrite comme superbe par l’auteur. Le problème vient de là. Les personnages mal dans leur peau alors qu’ils sont jolis existent, et peuvent être très bien. Mais dans ce cas on ne veut pas entendre parler de leur incroyable beauté à tout va.

Les Mary Sue ne doivent pas être féminines dans leur description, mais elles en ont généralement toutes les qualités. Comme au cinéma, quand les filles se trouvant dans des dystopies pleines de zombies sont bien épilées, maquillées, bien coiffées.

Comment éviter ça ? Regardez autour de vous. Les filles qui ne font pas de sport et mangent plein de nutella ne sont pas des mannequins, elles peuvent être grosses, un peu ou beaucoup, mais elles n’ont pas un ventre plat. Une fille peut aimer se maquiller, cela ne rend pas le personnage moins aimable. Une fille peut vouloir être féminine. Elle peut aussi ne pas vouloir ça du tout ET NE PAS CHANGER DE COMPORTEMENT POUR UN GARÇON parce que c’est une personne à part entière et que les hommes ne devraient pas diriger sa vie. Et surtout, si votre personnage est dans un monde post-apocalyptique, elle aura d’autres choses à penser que son eye-liner, le fait de s’épiler ou les habits qu’elle porte. Elle voudra probablement avoir les cheveux courts d’ailleurs, mais c’est optionnel.

Bon, je vois que j’en ai perdu quelques uns. Passons au point suivant pour ceux qui restent.

Problème 2 : Ce sont des personnage que tout le monde aime

Sauf le méchant bien sûr. Parce que c’est le méchant. Ou alors il y a une autre fille qui ne l’aime pas, mais c’est juste parce que la Mary Sue est tellement parfaite qu’elle est jalouse de sa beauté/de son succès. A part ça eh bien, elle a plein d’amis qui lui font confiance, ses parents la soutiennent et elle n’a jamais de disputes avec eux (sauf si elle veut s’émanciper mais dans ce cas là, considérons qu’ils sont « méchants »). D’ailleurs comme elle est forte en maths ses profs aussi l’aiment bien. Le pire ? Elle ne fait rien de spécial pour être aimée, elle est juste timide comme il faut, douée comme il faut, et visiblement elle dispose d’un charisme surnaturel qui ferait crier à la sorcellerie toute personne vivant dans la réalité.

En soi le problème c’est qu’on parle de tout son entourage. Et que ceux qui ne l’aiment pas sont dans le tort de manière systématique. La vraie vie ne marche pas comme ça. Et ce n’est pas parce que vos personnages ne s’entendent pas qu’ils ne peuvent pas s’accorder sur certains points, c’est bien plus intéressant que de voir tout le monde être d’accord. Je trouve. Peut-être que Personne A déteste les pâtes et Personne B les adore, ça n’a rien à voir avec le fait qu’iels peuvent s’entendre sur un sujet tel que le sport. Votre personnage ne peut pas avoir toujours raison.

Pour éviter ça, donnez des VRAIS défauts à votre personnage. Attention. Timide n’est pas un défaut si ça la fait rougir de manière adorable et un peu balbutier. Non, ça rend le personnage encore plus attachant. Timide en tant que défaut ça veut dire que votre personnage va vraiment se foirer en situation sociale, se créer des problèmes à cause de ça. Les défauts ne rendent pas vos personnages détestables, ils les rendent attachants d’une toute autre manière. Et il faut que votre personnage ait tort aussi. De temps à autres.

De manière générale, je dirais que le piège #1 à éviter absolument, c’est de rendre son personnage assez désirable pour que tous les garçons bavent devant elle. Déjà parce que c’est ultra relou, ensuite parce que ça réduit les garçons à des créatures soumises à leurs hormones et incapables de résister à une paire de seins, aussi parce que c’est stupide mais on sait déjà que le seul garçon qui lui résistera sera soit le méchant soit son âme sœur soit les deux, et ENFIN parce que c’est hétérocentré. Désolée de dire ça comme ça, mais est-ce que les Mary Sue possèdent un charme spécifique ne pouvant pas attirer les lesbiennes ?

Problème 3 : Ces personnages réussissent tout

Et par tout, je veux dire TOUT. Ah, et aussi, ce sont souvent des Élus d’une Ancienne Prophétie. Les Mary Sue ont tendance à exceller dans tout ce qu’elles font. Vous vous souvenez que je vous avais dit qu’elles ne pratiquaient souvent pas le sport ? Ben croyez moi, ça va pas les empêcher de battre quelqu’un d’entraîné à la course, de soulever des trucs pour sauver des gens, de se battre, etc. Elles ont même une sacrée tendance à découvrir qu’elles font partie d’une espèce rare capable de faire des trucs de oufs genre vampire, loup-garous, ange, j’en passe.

Du coup comme en plus ce sont des élues, pas étonnant que le méchant n’ait aucune chance, et pourtant il essaye hein. D’ailleurs, il y a des chances que lui, il ne soit pas hyper bien construit comme perso, mais on en parlera. Comment éviter ce problème du coup ?

Mettez la tête de vos personnages dans la gadoue. Ils doivent échouer d’une manière lamentable, se planter complètement, faire l’Erreur (avec un grand E) qu’ils vont retenir pour devenir meilleurs. Et ça peut être n’importe quoi. Se confronter à plus fort que soi et perdre, être défait sur son propre terrain, penser tout savoir et échouer. Ce genre de chose fait évoluer un personnage, c’est moi qui vous le dit. Et au moins, ça le fait évoluer d’une manière efficace. Comment s’en remettra t-il ? Va t-il hurler de rage sur son cuisant échec pendant trois jours, mieux se préparer pour réussir la prochaine fois, ignorer le problème ?

Comme avec les vraies personnes, ce que font vos personnages en dit plus sur eux que ce qu’ils disent ou que ce que vous dites sur eux. Même si vous avez répété à l’infini que votre personnage est intelligent et courageux, s’il prend la mauvaise décision et s’enfuit, on aura le résultat devant nous.

 

Voilà, les Mary Sue sont un cliché assez difficile à détruire, surtout pour les écrivains débutants. C’est tentant de se mettre dans son histoire pour tout réussir, c’est même marrant, mais ça ne fait pas un bon texte. Je pense que je m’étendrai plus sur les clichés à l’avenir, c’est à la fois une merveilleuse source d’inspiration et un immense croche patte pour les auteurs.

Pour ceux qui attendent la prochaine critique de livre, « La Passe Miroir », sachez qu’elle arrivera dès que j’aurai la foi d’aller chercher le livre à la bibliothèque, ce qui n’est pas gagné. Vous pouvez aussi compter sur mon colocataire pour me prêter son exemplaire.

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