Questions Réponses sur la parentalité (ft. Petits Ruisseaux Grandes Rivières)

Bon, je sais que certaines personnes écrivent des livres dans lequel des personnages deviennent parents. Et je sais que ces personnes ne sont pas forcément des parents, voir ont eu des expériences assez misérables avec les leurs. Pour aider ces gens, j’ai donc décidé d’interroger la blogueuse de Les petits ruisseaux fond les grandes rivières, et je vous livre ici ses réponses à mes questions ! N’hésitez pas à aller lire son blog.

 

-Peux-tu présenter brièvement ton blog ?

Mon blog me permet de garder la trace de petits moments de vie exaspérants et comiques de la vie quotidienne avec mes enfants et mon conjoint. Parce que dans le fond, rien de tout cela n’est grave et que l’on a besoin de dédramatiser les énervements du quotidien. J’aime l’idée de pouvoir relire ces textes dans quelques années et sourire des bêtises de mes enfants. Ce sont des instants précieux, mine de rien.

 

-Quel est ton rapport avec la lecture au quotidien ?

J’aime beaucoup lire. J’ai dévoré les livres quand j’étais enfant. Je vivais un livre à la main, dans mon lit, aux toilettes, dans mon bain, à table si on me l’avait permis, dans le bus, puis dans le métro, dans la salle d’attente du médecin. J’ai passé de longues journées les week-ends à arpenter les quais de Seine pour y acheter des livres.

Et puis, j’ai eu mes enfants. J’ai mis la lecture en stand-by pendant assez longtemps, ou tout du moins j’ai considérablement ralenti le rythme. Je commence à m’y remettre de manière plus soutenue. Les livres ont toujours fait et feront toujours partie de mon quotidien. On n’a pas assez d’une vie pour vivre toutes les émotions, connaître et comprendre toutes les situations. La lecture me permet de me confronter au monde, et d’appréhender des situations que je n’ai pas vécues. Qu’il s’agisse de voyage, de parcours de vie, de souffrance… Je suis convaincue que par la lecture, on peut avoir une connaissance assez proche du vécu et que cela développe l’empathie. Comme nous n’avons pas de télévision, les enfants se reportent assez naturellement sur la lecture, j’ai bon espoir que cette habitude soit ancrée chez eux.

 

-Ton blog parle de ta famille, et de ton expérience de mère. Quel est ton ressenti général sur cette expérience ?

Le fait de devenir mère est évidemment ce qui a apporté le plus de bouleversements dans ma vie, par la responsabilisation, la vulnérabilité, et aussi une compréhension des attitudes de mes propres parents. La phrase exaspérante que les parents nous serinent quand nous sommes jeunes : « tu comprendras quand tu auras des enfants », est très vraie 🙂 Devenir parent rend en même temps très fort, car il faut apprendre à se battre pour un petit être qui attend tout de vous; et très fragile, car ce petit être justement, ne dépend que de vous et c’est une incroyable responsabilité.

 

-Qu’est-ce que ça t’a fait, d’avoir des enfants ? Quels ont été les plus gros changements dans ta vie ?

Avoir des enfants était une évidence, et malgré cela, ça a tout changé.

 

Je commence par les changements négatifs ?

1/ J’ai trouvé la grossesse beaucoup trop longue, interminable, surtout les 3 derniers mois. La grossesse signifie la privation de tout ce qui est bon dans la vie, vin, champagne, mojito, foie gras, saucisson, saumon fumé etc.

2/ Le sommeil L quand on  a des enfants, on ne dort plus jamais comme avant. De façon hachée durant un certain temps, puis sur une oreille pendant plusieurs années.

3/ L’intimité : difficile d’aller faire caca tranquille. Une personne qui a passé 9 mois dans ton utérus a du mal à comprendre le concept d’intimité.

4/ Le temps pour soi : l’être humain est au sommet de l’évolution (quoique cela se discute pour certains), mais au prix de plusieurs années d’éducation et de soins intensifs par les parents. Ce qui se traduit par un temps donné dans sa presque intégralité à son petiot. Heureusement, c’est passager.

5/ L’émotivité : je ne sais pas si l’on peut dire que c’est vraiment négatif, mais depuis que je suis devenue mère, je pleure pour un rien : je pleure en voyant danser un enfant de maternelle qui n’est même pas le mien, je pleure de voir un petit garçon offrir une pâquerette toute froissée à sa mère, je pleure de voir une fillette faire du vélo sans roulettes, toute fière, pour la première fois, je pleure beaucoup et facilement.

 

Les changements positifs !

1/ Donner chair à son amour pour son conjoint, à travers un nouvel être, unique, merveilleux, doué de tous les possibles.

2/ Découvrir ce qu’est l’amour inconditionnel, infini, éternel. Celui que l’on donne, et celui que l’on reçoit de son enfant.

3/ Devenir, pour quelques années du moins, le centre de l’univers et le nombril du monde pour son tout petit, la plus belle, la plus merveilleuse, la plus savante, la plus gentille.

4/ Rétablir l’ordre des priorités dans sa vie. Maintenant, même les mojitos et le saucisson viennent après mes enfants. Le travail également, aussi intéressant soit-il, ne vaut pas que l’on sacrifie sa vie de famille.

5/ Quand on devient parent, on s’émerveille sur le miracle quotidien qu’est la vie de son enfant, et la vie perçue par son enfant. Les enfants voient tout de leur regard neuf et ré-enchantent la vie.

6/ Éduquer un enfant, c’est accomplir une œuvre réellement utile à la société et au monde en faisant grandir des enfants qui deviendront, je l’espère, des adultes bienveillants et constructifs.

 

-Quelle est ta meilleure expérience avec tes enfants, un souvenir particulier ?

Sans conteste, la plus forte reste leur naissance, à chacun. C’est un moment absolument extraordinaire et bouleversant, cette rencontre avec un bébé que l’on a porté et imaginé durant 9 mois. Et soudain, il est là, différent de tout ce à quoi on s’attendait, avec déjà sa personnalité, si vite. C’est un petit inconnu que l’on apprivoise, avant de se sentir mère, définitivement et irréversiblement, au bout de quelques heures.

Avec mon adolescente, nous avons maintenant des conversations profondes et intéressantes. Je suis heureuse de la voir s’intéresser aux autres, à leurs réactions et à leur sensibilité.

Mon petit garçon est à l’âge des grands questionnements métaphysiques : Pourquoi les oiseaux volent dans le ciel, où va cet avion, est-ce que tu vas mourir un jour, pourquoi je ne peux pas reprendre une glace ?

Avec mon tout-petit qui commence à parler, je le vois faire de grands efforts pour me raconter des choses très importantes ; Je comprends après coup ses grandes tirades pas toujours très articulées, qui sont en fait des phrases construites et sensées. Et ses efforts pour communiquer sont émouvants et tellement adorables J

Avec mon beau-fils les rapports sont différents, mais je suis touchée de voir qu’il a confiance en moi pour le conseiller quand il éprouve des inquiétudes, et pour tout ce qui est du domaine du savoir en général.

 

-Quelles compétences faut-il pour être parent d’après toi ?

Tout dépend de ce que l’on met derrière le terme « compétences ». S’il s’agit de compétences techniques, je ne pense pas qu’il faille les attendre pour devenir parents ! Elles s’acquièrent sur le tas, au fur et à mesure. Si l’on parle de ce que l’on est capable de changer à sa vie, oui : il faut accepter l’imprévu, le bouleversement, et accepter de faire passer pour toujours quelqu’un d’autre avant soi. Le grand changement est là. Le plus merveilleux est que quand le bébé est là, tous ces questionnements semblent soudain sans objet. Aucune mère ni aucun père ne sont en mesure d’imaginer ce qu’ils vont vivre, de merveilleux et d’épuisant, avec l’arrivée d’un bébé. C’est sans doute une des seules réalités que la lecture ne peut que très partiellement aider à appréhender, tout comme on ne peut savoir ce que c’est de tomber amoureux avant de l’avoir vécu.

Les compétences et l’intuition se développent avec l’arrivée de l’enfant. Et à chaque enfant, ces compétences sont en partie à renouveler, un bébé ne réagissant pas comme le précédent.

Un bon équilibre psychologique me paraît plus important que des compétences. Les parents qui surinvestissent leur enfant, en font un prolongement narcissique, planifient trop sa vie, me paraissent plus dangereux que des parents qui ne savent pas mettre une couche ou ne donnent que des petits pots à manger à leur bébé. A mes yeux, plus que de compétences, un parent doit être capable d’affirmer : mon bébé est une personne distincte de moi, je le respecte en tant que personne, et mon but sera de l’élever pour qu’un jour il se détache de moi et devienne mon égal.

Le discernement me semble également être capital : est-ce que ce que je fais à mon enfant, ou ce que je l’autorise à faire, est bénéfique pour sa santé physique, psychique, morale ? Est-ce que cela l’aide à prendre sa place dans la société ? Est-ce que cela l’aide à s’affirmer dans le respect de soi et des autres ? Est-ce que par mon attitude au quotidien, je lui donne un bon exemple, cohérent avec ce que j’exige de lui ?

 

-Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite écrire une histoire avec des enfants ?

Tout dépend de la tranche d’âge à laquelle s’adresse le livre. Les tout-petits aiment que les histoires fassent écho à leur quotidien et leurs activités : le bain, aller se coucher, perdre puis retrouver son doudou. Les plus grands aiment que l’imaginaire prenne le pas sur le réel et leur permette de se projeter dans une vie parallèle.

Si le héros de l’histoire est un enfant, ce qui me semblerait le plus important serait de restituer la manière dont il perçoit le monde. Les enfants sont émerveillés et intrigués par ce qu’ils voient, tout est une découverte, rien ne les laisse indifférents. Ils ne perçoivent pas non plus la laideur ou les particularités comme nous. C’est nous adultes qui leur apprenons la gêne et la retenue.

 

-A ton avis, y’a-t-il des choses auxquelles tous les parents doivent faire face ?

La peur de la perte. L’arrivée d’un enfant est un bonheur immense, mais rend immensément fragile parce qu’on imagine tout ce qui pourrait lui arriver.

La sensation d’être dépassé et perdu : à certains moments, on ne sait plus quoi faire pour son enfant. C’est particulièrement vrai pour les parents qui ont des bébés pleurant beaucoup, c’est une expérience très déstabilisante.

L’agressivité envers son enfant également, qui reste assez taboue : et pourtant, il y a des moments où tout parent peut ressentir des pulsions agressives envers son enfant, tellement cette relation est dévorante par moment. La seule chose qui compte, c’est de maîtriser la pulsion !


Voilà ! J’espère que cet article vous aura aidé, et que vous irez checker le lien du blog, que je vous remet ici. Je sais que cet article sors un peu de nulle part, mais j’ai eu des problèmes de référencement avec mon blog, et j’ai failli me faire arnaquer par un mail se faisant passer pour mon hébergeur. J’essaierai de régler les problèmes qui sont toujours présents et de reprendre les chroniques.

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