Les 5 étapes de la création d’une histoire potable

« Je m’approchais de ma fenêtre, cigarette à la main, le regard porté sur la lumière artificielle de la ville. Ce soir encore, les étoiles resteraient cachées par les sombres nuages, jusqu’à ce qu’il pleuve. Dans mon dos, mon chat miaulait pour obtenir mon attention. Je soupirais.

Cela faisait désormais des jours que je l’attendais, elle qui ne voulait bien venir à moi que par caprice. Beaucoup attendaient d’elle des faveurs et des miracles, je n’étais qu’un parmi tant d’autres favoris… Mais je ne pouvais m’empêcher d’espérer. Alors que j’allais me retourner, je la sentis enfin, tout près de moi. L’Inspiration, ma Muse. J’allais enfin pouvoir commencer à écrire. »

Attention, avis à tout ceux qui pensent que dans la vraie vie, être écrivain ressemble à ça, car vous avez tort. J’irais même jusqu’à dire que vous vous trompez lourdement. Car si vous pensez que Mr Écrivain ci-dessus va réussir à finir un bouquin comme ça, croyez-moi vous êtes mal partis. En général, les gens pensent que les artistes vaquent à leurs occupations d’artistes (boire du cognac, fumer, discuter politique…) quand une idée digne de Léonardo Da Vinci vient les frapper en pleine figure. Carburant désormais à la caféine pure, ils passent les jours suivant à la réalisation de leur œuvre, et s’endorment dès le dernier coup de pinceau, le point final enfin sur la feuille, la note ultime sur la partition.

C’est faux. Être artiste demande avant tout de la passion, certes, mais surtout beaucoup, beaucoup de travail et de patience. On ne peut pas maîtriser le dessin, la peinture, ou un instrument de musique juste en quelques jours parce qu’on l’a voulu. Tout ça demande de la patience, une pratique régulière, et du sérieux.

Pour l’écriture, c’est pareil. Trouver son style, apprendre à laisser les clichés derrière soi, tenter de nouvelles choses pour apprendre… Ce n’est pas si facile. Je crois que j’écris depuis très longtemps, mais si je relisais mes premiers textes je ferais sans doute une expérience de mort imminente tellement ça doit être nul. Mais si c’est aussi nul et que je m’en rends compte (croyez moi c’est le cas), c’est parce que j’ai évolué pour en arriver là où je suis aujourd’hui. Et plus j’écrirai, mieux j’écrirai.

Je vais donc vous parler des différentes étapes qui, selon moi, sont communes à tout projet d’écriture de livre. Je ne parlerai que du côté créatif et technique, pas de l’édition, de la publication ou du système de distribution français (on verra ça plus tard).

Ah, et je vous conseille d’avoir un bêta-lecteur pour vous aider tout au long de votre projet, du début à la fin.

1. L’idée

Tout commence par là, bien sûr. Il vous faut bien un pitch (miam miam) de base pour lancer la machine à livre.

Sachez que cette idée est la base de tout. Idéalement, quand vous racontez votre histoire à quelqu’un, cette idée doit tenir en une phrase. Il y a mille et une manières de décrire une histoire avec une seule phrase, c’en est presque une discipline à part entière. Essayez avec des romans, films ou séries que vous connaissez, décrivez ce que cela raconte le plus simplement possible. Idéalement, il ne faut pas de nom de lieux ou de personnages, juste des concept et des idées, car personne n’est censé savoir de quoi vous parlez à la base. Ne notez pas « Catherine », notez « une jeune fille handicapée » par exemple.

Si vous n’avez pas vraiment d’idées, notez tout ce qui vous passe par la tête sur une feuille de papier pendant dix minutes. Si vous faites cela, normalement, au moins une des choses que vous aurez notées sera viable. Mais vous devez vraiment noter TOUT ce qui vous passe par la tête, sans autant censure. Mettez un chronomètre et écrivez.

2. Le développement

Vous avez votre idée de base, bravo ! Il est temps d’y rajouter deux trois choses comme un décor, des personnages secondaires, vous voyez ce que je veux dire. C’est ici que vous allez étoffer votre phrase en un paragraphe. N’oubliez pas que suivant le livre que vous voulez obtenir, il faudra écrire quelque chose d’adapté. On ne fait pas la même chose si on écrit un livre noir ou un conte pour enfants. Vous devez avoir une idée de votre public.

En faisant ça, vous donnez un décor et un contexte à votre idée, c’est ce qui fait que vous pourrez la raconter. Ce n’est plus qu’une simple idée désormais ! C’est votre concept à vous, que vous êtes en train de développer. Rien qu’à ce stade, vous pouvez déjà prendre un grand nombre de directions. Même si, je le concède, faire un conte épique à base de penguins va être difficile. Dans ce cas, prenez une autre idée, ou acceptez le défi.

Le mieux pour ça est de faire un bon brainstorming. Notez ce qui vous passe par la tête, pensez-y un peu tout le temps, pendant vos activités quotidiennes. La vie de tous les jours est votre meilleure source d’inspiration, c’est ce qui rend les personnages et les situations réels. Vous pouvez aussi méditer, faire une mind-map, tout ce qui vous inspire. Prenez ça au sérieux, c’est votre histoire, il faut en prendre soin !

3. La création

Ici, vous allez concrétiser votre histoire. On parle de création de fiches personnages, d’intrigues secondaires, de lignes de temps, de cartes si vous écrivez dans un monde différent du nôtre. Il va falloir donner un sens à tout ça, créer de la tension, des émotions, un but que vos lecteurs voudront voir achevé.

Cette partie peut prendre sacrément longtemps. Honnêtement, ça peut aller de quelques heures pour quelque chose de simple à plusieurs années si, comme moi, vous voulez vraiment faire un truc super complet et logique. Mais si vous travaillez sérieusement sur cette partie, la majorité du travail de création sera déjà faite et il ne restera que quelques étapes à accomplir une fois cela fait.

La création est aussi, d’après moi, la phase la plus amusante. Tout simplement parce que vous pouvez mettre un peu n’importe quoi autour de votre idée. Des concepts, des personnages, des décors qui vous plaisent peuvent être greffé ici. Amusez-vous, sinon quel est l’intérêt ? Vous êtes en train d’écrire un livre ! Je vous conseille d’ailleurs de noter un peu tout ce qui vous paraît important pour ne pas oublier. C’est amusant de revenir en arrière et de se souvenir de où on est parti. Vous pouvez aussi écrire quelques scènes pour vous entraîner et vous inspirer.

4. L’écriture

La partie vraiment difficile. En fait, c’est même la partie la plus difficile je pense. Vous croyez qu’il suffit de se poser derrière son ordinateur (ou sa feuille de papier) pour enfin coucher à l’écrit ce que vous avez imaginé au cours des premières phases ? Faux. En général, il faut continuer de créer tout au long de ce processus, faire des choix, supprimer des choses en cours de route, parce que le premier jet permet de réaliser ce qui ne va pas et ce qui manque. Cela demande aussi beaucoup de motivation et de détermination.

Certaines personnes planifient tout en avance, écrivent intensément pendant quelques semaine, et leur premier jet est achevé. Mais pour la plupart des gens, même avec une planification solide, écrire un premier jet ça prends des mois. Parfois des années. Donc si vous êtes censé l’écrire, là, maintenant, fermez cet article et revenez plus tard. C’est important. Vous devez écrire, même cinq minutes.

Aussi, le premier jet n’a pas à être parfait, c’est même l’inverse. Vous devez écrire de manière imparfaite, c’est l’essence du premier jet. Pas d’auto-censure, pas de corrections en cours, vous y reviendrez plus tard. Une fois cela fait, quand vous avez ENFIN terminé, fermez votre PC et allez vous offrir quelque chose pour vous faire plaisir, vous l’avez amplement mérité. Vous reverrez ça dans une semaine ou deux, en attendant, détendez-vous.

5. La correction

Souvent vue comme la phase finale, la correction représente l’étape de votre travail où, après avoir écrit pendant des mois, posé le point final et laissé reposer votre manuscrit pendant une semaine ou deux, vous devez sortir un stylo rouge pour tout revoir.

C’est une étape assez ingrate, puisqu’il vous faudra supprimer des chapitres entiers, revoir vos personnages, corriger l’orthographe, bref que des trucs joyeux. On adore ça, devoir supprimer un chapitre qu’on a mis des jours à écrire. A ce stade, je vous conseille d’imprimer votre texte en entier, de le classer par chapitres, de vous faire une bonne boisson chaude et de vous installer sur votre canap’ avec un feutre rouge correcteur. Il va falloir tout relire, à voix haute de préférence pour bien entendre si ça se lit bien.

Une fois cela fait, désolée, il va falloir réécrire. Prenez votre premier jet, ouvrez le sur votre PC, et créez un nouveau document. L’idée est d’avoir les deux ouverts en même temps pour que ça soit plus rapide. Et non, vous ne devez pas faire ça sur le document d’origine. Vous risquez les incohérences, et c’est mieux d’avoir chaque version d’enregistrée. Parce que vous allez devoir recommencer encore et encore. Gardez votre version papier corrigée avec vous, et utilisez-la pour vous aider.

Si vous commencez à désespérer (on vous en voudra pas), cherchez quelqu’un de confiance pour relire votre texte et l’annoter en cours de lecture. Vous ne voulez pas savoir si la personne a aimé, on s’en fiche. Vous voulez qu’il ou elle note les passages où il/elle n’a rien compris. C’est ça qui est important.

6. BONUS : RECOMMENCEZ !

Par là j’entends que les étapes 4 et 5, vous allez devoir les refaire autant de fois que nécessaire, ce qui peut vous donner 14 versions non finies de votre livre avant que ça soit enfin potable. Car ne vous leurrez pas, la première version sera horrible. L’important, c’est que chaque nouvelle version soit meilleure que la précédente grâce à l’ajout de contenu, la suppression d’éléments inutiles, la correction de personnages, etc.

Et si ça vous a plu de passer autant de temps sur votre chef d’œuvre, si pleurer du sang et avoir du café dans les veines ne vous fait pas peur, ou tout simplement que vous écrivez une série et devez donc faire la suite, vous n’avez plus qu’à recommencer le processus ! Génial non ?

 

Oui, je vois ça d’un angle assez sarcastique. C’est sans doute parce que je donne des conseils que j’ai moi-même du mal à appliquer ! Ou alors c’est juste parce que je sais que je vais encore galérer longtemps sur mon histoire, qu’en ce moment je n’ai pas écrit depuis plusieurs jours (et encore moins sur mon premier jet, la dernière modification du texte remonte à des semaines), mais que ce n’est pas pour ça que je vais laisser tomber.

Bref, bon courage à tout ceux qui écrivent ou créent une histoire en ce moment même, je vous envoie ma force ! N’hésitez pas à me contacter via les commentaires. Et si vous connaissez quelqu’un qui a pour projet d’écrire, envoyez lui ce blog ou cet article pour l’aider.

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Une pensée sur “Les 5 étapes de la création d’une histoire potable”

  1. Hé hé.. je ne sais pas si ça me donne du courage pour avancer dans mes travaux où l’envie d’en balancer le trois quart pour essayer de repartir sur de meilleurs bases, mais en tout cas je suis contente d’avoir un pas à pas. Moi qui ai tendance à essayer de tout faire en même temps dans le plus grand désordre mental vais peut-être enfin réussir à m’ordonner un peu !

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