Chronique : La Passe Miroir Livre 1, Les fiancés de l’Hiver (partie 2 – avec spoil)

608 pages

Résumé : Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

La semaine dernière j’avais parlé de ce livre dans les grandes lignes, sans réellement développer quoi que ce soit de manière détaillée. Seulement, ce livre est riche dans ses détails, et il m’était impossible de me contenter de ça. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de faire cette chronique, pour développer mon opinion de ce roman en parlant d’éléments qui révèlent l’intrigue. Aussi, voici un avertissement.

Si vous comptez lire ce livre et souhaitez profiter de l’intrigue et des personnage à plein potentiel, NE LISEZ PAS CET ARTICLE.

Voilà. Maintenant que nous sommes clairs, nous pouvons commencer. Normalement, si vous êtes là, c’est que vous voulez découvrir ce livre plus en profondeur sans avoir à le lire (ce qui me dépasse un peu (sauf si vous êtes collégien ou lycéen et qu’il vous faut rendre un devoir sur ce livre (dans ce cas je vous invite à le lire quand même parce qu’il est vachement bien))). Pour ça, je vais faire comme d’habitude et vous parler de l’univers, des personnages et de l’intrigue.

1. L’Univers

L’histoire se déroule dans un monde détruit suite à une sorte de cataclysme. Si mon interprétation est bonne, et grâce au prélude, je pense pouvoir affirmer que ce monde était le nôtre, mais qu’une entité a tout cassé. Entité qui porte le nom de Dieu, mais je pense que pour en savoir plus je devrais m’attaquer au livre 2 et à sa suite.

Donc l’héroïne vit sur une arche, une portion de l’ancien monde qui vole autour d’une sorte de noyau. Le livre décrit qu’il y a vingt-et-une arches majeures, et cent-quatre-vingt-six arches mineures, qui tournent autour d’un noyau, lui même cerné par une barrière de nuages. Ophélie a grandi sur l’arche d’Anima, qu’elle quitte vers le début du livre, pour rejoindre l’arche du Pôle.

S’il y a quelque chose d’important à retenir avec les arches, c’est que sur chaque arche vit un ancêtre illustre, une sorte d’être immortel qui donne un pouvoir spécial à ses descendant. De fait, toute la population d’une arche est consanguine, la seule exception étant un mariage ayant ramené du sang neuf dans la famille. Au début du livre, Ophélie décrit que tout le monde sur Anima s’appelle « cousin » ou « cousine » à cause du lien de parenté. L’histoire laisse supposer que les ancêtres des habitants de ce monde sont des gens ayant vécu dans le monde tel qu’il était avant. En revanche, rien n’est expliqué sur leur capacité à être immortels et sur les pouvoirs qu’ils ont.

Parlons des pouvoirs, d’ailleurs. Chaque arche a un pouvoir spécifique qui se transmet de génération en génération. Sur Anima, il s’agit du don des Animistes (le nom de la population de l’arche). En tant qu’Animiste, Ophélie a une affinité très particulière avec les objets. Toute sa famille possède ce don, mais il se spécialise en plusieurs branche. La marraine et tante d’Ophélie est spécialiste du papier, par exemple, et son travail consiste à restaurer des œuvres et de vieux ouvrages. Plusieurs fois, des Animistes réparent des objets juste en remettant les bords bout-à-bout dans le livre. Il existe un autre pouvoir des Animistes, mais j’en parlerais dans la rubrique des personnages, pour développer Ophélie.

Anima possède une autre particularité, puisque les objets dessus finissent par devenir presque vivants. Il est décrit dans la première page que les maisons anciennes ont un mauvais caractère. Les coches se déplacent en roulant seuls, juste dirigé par la personne qui les conduit. De ce fait, Anima ne possède pas vraiment de technologie avancée. Les objets peuvent se déplacer, obéir, avoir une affinité. Le meilleur exemple est l’écharpe d’Ophélie, puisqu’elle ressemble à un gros serpent de laine colorée enroulé autour du cou de sa propriétaire, et qui devient nerveuse quand celle-ci s’éloigne trop.

Sur le Pôle, il y a plus de pouvoirs. Les familles sont au nombre de trois, principalement, mais il est fait mention d’une étrangère et d’une famille victime de génocide plus loin dans le livre. Les trois principales famille sont les Dragons, la Toile (je ne suis plus sûre de leur nom mais il me semble que c’est ça), et les Mirages. Ils portent assez bien leurs noms, d’ailleurs, puisque voici leurs pouvoirs respectifs : Les Dragons possèdent des griffes, sortes d’armes mentales leur permettant de blesser à distance, la Toile est une connexion entre les membres de la même famille, et les Mirages on le pouvoir de créer de très puissantes illusions.

Il est aussi important de noter que le Pôle, contrairement à la tranquille Anima, est dirigé par un ancêtre capricieux et est une arche très soumise au pouvoir politique, aux manipulations et aux magouilles de pouvoir. L’ambiance y est donc très tendue et sérieuse, avec une paranoïa presque constante et un décor des plus perturbant. Ophélie se retrouve dans un endroit plein d’illusions, où les lois de la physique dont très souvent bafouées (Citacielle volante, téléportation, notions de l’espace perturbées, etc) et où elle est censée se cacher pour que personne ne découvre son identité.

2. Les Personnages

Le personnage principal s’appelle Ophélie, comme vous l’aurez lu dans le résumé, dans la partie 1 et dans les paragraphes sur l’univers. Elle est assez timide, réservée, mais elle écoute tout ce qui se dit et n’hésite pas à faire ses propres choix. Quand son destin commence à lui échapper, elle décide de s’y plier mais d’en tirer le plus d’avantages qu’elle peut, de tirer son épingle du jeu et de ne pas se laisser faire. Comme c’est une Animiste, elle peut « parler » aux objets, technique qu’elle utilise à un moment pour faire une sortie clandestine, puisqu’elle se lie d’amitié avec une porte et lui ordonne de se déverrouiller. Sa simple présence a une influence sur les objets.

Mais Ophélie a un don, qui fait qu’elle a été choisie pour se marier avec un homme du Pôle, et qui fait partie de l’intrigue. Elle est une liseuse, et une Passe-Miroir (ça y est ! Vous avez compris le titre du livre). Pour le fait qu’elle est Passe-Miroir, je pense que vous aurez compris le principe, elle peut traverser les miroirs pour se déplacer d’un endroit à un autre. Le livre y donne une dimension philosophique intéressante et le concept n’est pas utilisé à tort et à travers, donc j’aime. Pour le fait de lire, il s’agit de pouvoir connaître le passé des objets qu’elle touche à mains nues. Plus elle touche longtemps, plus elle remonte dans le passé, jusqu’à la création de l’objet parfois. Cette compétence lui permet d’être une bonne historienne, et elle s’occupe d’un musée. Elle porte d’ordinaire des gants spéciaux pour éviter de lire tout ce qu’elle touche.

Dans les autres personnages, on peut bien sûr noter sa famille directe, à savoir son oncle, sa tante, ses parents, son frère et sa sœur. A part sa tante et marraine, Roseline, ces personnages ne sont présents qu’au début du livre, puisqu’ils ne la suivent pas sur l’arche de son fiancé. C’est donc avec sa tante qu’Ophélie fait le voyage et découvre l’endroit où elle devra vivre.

L’autre personnage le plus important, c’est bien sûr le fiancé d’Ophélie. C’est un homme décrit comme très grand, à la peau, aux cheveux et aux yeux clairs, mince et froid, qui correspond très bien à son arche. Dans le livre, il ne donne des informations qu’au compte-goutte, ce qui participe à enliser Ophélie et Roseline dans l’intrigue. Il est taciturne, et très attaché à sa propre tante, Bérénilde. Il est d’ailleurs important de noter que Torn est un fils illégitime, fruit de l’union de son père du clan des Dragons avec une femme d’un autre clan.

Ces deux là sont la raison de tout les ennuis d’Ophélie, et j’ai tendance à ne pas trop les apprécier. En effet, ils sont manipulateurs et il est très difficile de connaître leurs réelles motivations. Comme ce sont des nobles vivant dans la cour de Farouk, l’esprit de leur famille, ils sont soumis aux obligations politiques et aux magouilles de pouvoir, dont ils espèrent bien tirer leur épingle du jeu. Mais ils ne sont pas non plus si proches que ça, étant donné que Bérénilde reste assez égoïste et que Torn ne s’intéresse en aucun cas aux gens qui l’entourent, encore moins aux femmes.

Plus tard dans le livre il est révélé que Bérénilde est enceinte de Farouk (et donc, techniquement, de son ancêtre, ce qui choque pas mal Ophélie) et cherche à retrouver son attention par tout les moyens. Sous ses travers de manipulatrice parfois sans scrupule, c’est une femme éperdument amoureuse qui cherche les faveurs d’un être aimé capricieux, volatile et entouré de favorites. C’est aussi une mère brisée, puisqu’elle a eu de nombreux enfants qui ont tous été tué par les complots de la cour. L’enfant qu’elle porte représente donc son seul espoir d’être mère, à condition que Farouk la protège. C’est cette raison qui me donne de l’empathie pour elle.

En parlant de Farouk, je tiens à noter qu’il est difficile de savoir des choses sur lui. Sur Anima, l’esprit de famille et ancêtre de la population de l’arche est une femme du nom d’Artémis, qui passe son temps dans un Observatoire pour regarder les étoiles. On ne les voit qu’au début et à la fin du livre, et à chaque fois de loin. Alors que sur Anima, les gens connaissent assez bien Artémis, il règne sur le Pôle une atmosphère superstitieuse. Les domestiques sont persuadés que croiser le regard de Farouk leur offre une vie après la mort, alors que les autres iront juste dans les limbes de l’oubli. Farouk est très grand, pâle, cheveux et yeux clairs.

3. L’Intrigue

Bon, les intrigues ne sont pas mon fort. J’adore en lire des bien ficelées, mais je suis incapable d’en écrire (pour l’instant)… Il faut savoir que des choses importantes sont révélées tout au long de l’histoire, du début à la fin sans interruption. Mais on va se concentrer sur l’élément principal, sans lequel il n’y aurait pas d’histoire, et qui a tout déclenché : le mariage.

Pour parler honnêtement, il n’y a pas de mariage dans ce livre. D’ailleurs, il s’appelle les « fiancés » de l’hiver. C’est parce qu’Ophélie va être mariée à Torn, mais que les Doyennes de son arche ont demandé à respecter une tradition d’Anima. Concrètement, elle accompagne son fiancé sur son arche, mais il doit se passer un an entre les fiançailles et les noces, pour que les futurs époux aient le temps d’apprendre à se connaître.

Bien sûr, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Dès leur arrivée, Roseline et Ophélie réalisent qu’elles vont devoir rester enfermées dans le domaine de Bérénilde, la tante de Torn. Celui-ci pars presque aussitôt après son arrivée, ce qui laisse les deux Animistes seules avec sa tante et sa grand mère dans l’immense domaine. Lassée, Ophélie finira par s’enfuir pour voir le monde extérieur, en dehors de l’illusion recouvrant le domaine. En effet, il a beau faire un temps glacial, elles ont l’impression de vivre dans un superbe verger de printemps.

C’est durant cette escapade qu’elle découvre les autres clans, celui des Mirages et celui de la Toile. Dans cet arche, il y a un moyen de les reconnaître, par l’emplacement de leurs tatouages. Si une personne porte ses tatouages sur les bras, c’est un Dragon, si c’est sur les paupières jusqu’au sourcils il s’agit d’un Mirage, et si c’est sur le front il s’agit d’un membre de la Toile. Le motif importe peu.

En discutant avec un ambassadeur de la Toile, et en se faisant passer pour sa propre cousine, Ophélie apprends que le mariage prévu est loin d’enchanter tout le monde, car il permettrai à Bérénilde d’obtenir plus de pouvoirs. C’est la raison pour laquelle elle est enfermée, parce qu’elle risque sérieusement d’être blessée ou tuée. D’ailleurs, son interlocuteur admet rapidement qu’il avait prévu de convaincre la fiancée de Torn de coucher avec lui, pour la déshonorer avant le mariage.

C’est à peu près à ce moment qu’Ophélie comprends deux chose. Premièrement, à peu près tout le monde dans la capitale volante du Pôle déteste Torn. Deuxièmement, elle va passer sa vie dans un endroit horriblement dangereux, dans lequel elle ne pourra faire confiance à personne sous peine d’être tuée.

Le reste de l’intrigue peut se résumer à Ophélie et à sa tante se faisant balloter d’un endroit à un autre sous diverses couvertures jusqu’à ce qu’Ophélie s’énerve vraiment à cause de l’ambiance et des évènements graves. Elle doit protéger Roseline, elle doit faire attention à Bérénilde qui est enceinte, et elle doit déjouer des complots en se faisant passer pour un valet muet du nom de Mime. Sans quelques alliés providentiels parmi les domestiques, elle n’aurait jamais réussi. Et clairement, elle n’est pas du tout sortie d’affaire à la fin du livre…

 

En conclusion, et même si vous venez de lire cette chronique, sachez que vous devez lire ce livre. Vraiment. J’ai oublié un sacré nombre de détails, je vous assure, et ce serait dommage de passer à côté. Je sais que ce livre est assez imposant, mais je l’ai fini en une semaine à raison d’un temps de lecture de 6h54 pour 608 pages. Vous pouvez le faire, et vous ne le regretterez pas.

Sinon, je vous invite à commenter, surtout si vous connaissiez le Passe Miroir. Vous pouvez aussi partager cet article sur les réseaux sociaux et vous abonner à la Newsletter pour recevoir un e-book gratuit et obtenir l’accès aux articles 24h à l’avance.

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